Antonín Dvořák

Dvorák est le représentant le plus connu de l’école musicale tchèque, même si Smetana - son aîné de dix-sept ans - reste incontestablement le fondateur de cette école en Bohême-Moravie. Comme tous les musiciens de son pays, il a été profondément influencé par la tradition germanique ; Dvorák a été un fervent admirateur de son presque contemporain Brahms, et n’a jamais remis en question les grandes formes inaugurées par les classiques de Vienne, Beethoven en particulier. Mais en même temps il s’est fait, d’instinct, comme ses compatriotes musiciens, le chantre passionné du réveil national qui a marqué nombre de pays, d’Europe centrale particulièrement, dans la seconde partie du XIXe siècle. Né dans une famille de paysans des environs de Prague, Dvorák a d’abord fait de la musique en campagnard, pour l’église et le bal, avant d’acquérir une formation musicale plus complète, et de devenir un musicien fêté dans toute l’Europe, et même aux États-Unis où il se rend en 1892, invité à venir diriger le Conservatoire National de New York - et d’où il écrira deux de ses meilleures œuvres : le Concerto pour violoncelle et la célèbre Symphonie “Du Nouveau Monde”. Cette double filiation explique le caractère particulier de sa musique : quels que soient les genres pratiqués - musique pour piano, mélodies, musique de chambre, symphonies, grandes fresques religieuses, opéra… -, toujours s’y mêlent et s’y confortent mutuellement un sens exigeant de la forme et un lyrisme puissant qui sourd directement de la terre de Bohême et de l’âme slave. Aussi sa mort en 1904 fut-elle l’occasion d’un véritable deuil national.

SC